Le double champion de Belgique de cross-country Soufiane Bouchikhi met un terme à sa carrière de marathonien. Le Waaslandien de 31 ans désormais établi à Liège a connu une nouvelle déception dimanche au marathon de Valence et prend à présent la décision drastique d'arrêter de disputer des marathons.

Bouchikhi avait abandonné l'an dernier à Valence. Cette année, tout s'est bien déroulé, jusqu'au kilomètre 30. "Tout se déroulait parfaitement. J'étais dans les temps pour 2h09, jusqu'au kilomètre 30 où j'ai commencé à avoir des crampes partout dans les jambes. C'était l'enfer", a expliqué Bouchikhi dans une longue vidéo sur Instagram.

"A tel point que j'ai dû arrêter de courir. Après une petite pause de deux minutes passées à marcher et à boire, j'ai pu repartir, mais j'ai finalement dû m'arrêter cinq à six fois entre les kilomètres 30 et 38. Si je ne l'avais pas fait, j'aurais terminé dans une ambulance comme l'an dernier."

"C'était vraiment difficile mentalement. Cela faisait mal d'être dépassé par des athlètes d'un niveau nettement inférieur au mien, mais j'ai décidé de persévérer et de terminer tout de même. J'ai pensé à abandonner, mais je ne voulais pas une nouvelle fois quitter la course", conclut Bouchikhi, qui a finalement réalisé un temps de 2h20'15".

"Je suis déçu, mais finalement aussi soulagé. Je me rends désormais compte que le marathon n'est pas ma discipline, je ne suis pas fait pour ça. Je dois être honnête avec moi-même à ce sujet. Insister et courir des marathons de 2h11 à 2h12, ce n'est pas pourquoi je m'entraîne si dur."

"Mon objectif était de devenir l'un des meilleurs d'Europe. Je devais pour cela courir entre 2h05 et 2h06, mais je sais désormais que mon corps n'est pas fait pour courir aussi vite sur un marathon. C'est un soulagement de pouvoir clôturer ce chapître et de pouvoir à nouveau me concentrer sur des choses qui me font plaisir, à savoir le cross et le 5.000 mètres."

"Les autres m'ont parlé du marathon et j'ai également commencé à croire que je pourrais devenir bon dans ce domaine. L'esprit le voulait, mais cela n'a pas fonctionné physiquement. Il est maintenant temps d'aller de l'avant, de profiter des cross et de la piste et de prendre à nouveau du plaisir", termine Bouchikhi, champion de Belgique en titre du 5000 mètres.