Le Belge continue à rouler trop vite, à utiliser son smartphone au volant et à rouler sous influence de l'alcool, y compris à vélo. Automobilistes et cyclistes se comprennent, sauf lorsqu'il s'agit de livreurs ou lorsque les voitures frôlent les cyclistes. Bien plus que notre comportement, c'est l'état des routes et - plus encore - des pistes cyclables qui frustrent le plus les usagers.

Pour le fabricant de pneus Continental, la sécurité routière est primordiale. Tout comme les relations entre automobilistes et cyclistes, qui y contribuent incontestablement. Afin de faire un état des lieux,  Continental Belgique  a lancé  une enquête en ligne auprès des Belges afin d'étudier leur comportement sur la route et de voir comment ils partagent celle-ci.

Plus de 800 Belges - principalement des cyclistes actifs - ont pris part à l'enquête au cours de laquelle on les a interrogés sur leur comportement, celui des autres  usagers et leur sentiment de sécurité sur la route. Le constat le plus frappant: les usagers s'invectivent bien moins qu'on en a généralement l'impression. C'est surtout leur propre comportement et l'infrastructure routière (bien qu'ils n'aient été interrogés qu'accessoirement à ce sujet) qui leur pose problème et les inquiète.

... Mea culpa!
 
Plus de 77 % des automobilistes interrogés lors de l'enquête roulent (parfois) trop vite. Un sur trois admet utiliser le GSM au volant plutôt que le main libre. Près d'un sur quatre roule parfois sous influence de l'alcool. Chez les cyclistes, le taux est même de 35 %. Notons que les répondants se sont évalués eux-mêmes sur c'est point. Leurs réponses sont certes honnêtes mais étonnantes. Chacun de ces trois comportements est en effet connu pour causer des accidents importants avec blessures.

Heureusement, il y a de meilleures nouvelles: elles concernent l'utilisation de la ceinture de sécurité (97,5 % des conducteurs la portent toujours), du casque (85 % des cyclistes en portent toujours un) et le respect de la priorité de droite. Pour les automobilistes et les cyclistes, les freins et les pneus constituent les systèmes de sécurité les plus importants.

Auto et vélo restent de loin les moyens de transport les plus utilisés. La voiture reste reine pour de nombreuses activités quotidiennes (faire les courses, aller conduire les enfants), le vélo sert surtout pour aller à l'école ou se rendre aux endroits de loisirs. Il gagne aussi du terrain pour les déplacements maison-lieu de travail. A noter que la moitié des personnes interrogées n'utilisent jamais les transports en commun.
 
"S...l...p..d" ? "f*ck you"!
 
C'est avec les piétons et les cyclistes (sans vélo électrique) que les usagers de la route ont le moins de problème sur celle-ci. Les transporteurs de marchandises ou de personnes sont les moins courtois. Les plus mal côtés sont les livreurs de colis à domicile (à moto, en camionnette ou à vélo). Le comportement des chauffeurs de camion et de bus n'est pas jugé différemment de celui des automobilistes. Les vélos électriques réalisent aussi le même score et font donc moins bien que les autres cyclistes.
 
Les piétons qui traversent en dehors des passages protégés ou circulent sur la chaussée constituent une source de frustration auprès des automobilistes. Ceux-ci ont moins de problème avec les cyclistes. L'inverse vaut pour les cyclistes qui s'énervent surtout si une voiture les frôle ou si elle effectue une man?uvre inattendue (tourner sans clignotant, ouverture soudaine d'une portière, passage au feu rouge). Ce n'est pas illogique car il s'agit de comportements qui mettent la sécurité des cyclistes en danger.
 
L'infrastructure augmente le sentiment d'insécurité

78 % des personnes interrogées se sentent plutôt en sécurité voir même très en sécurité sur la route. S'il y a un sentiment d'insécurité, pour 80 % des répondants, il vient en premier lieu de l'état des routes, surtout celui des pistes cyclables. 4 cyclistes sur 5 trouvent qu'il y en a trop peu, 93 % estiment que celles-ci sont en mauvais état. Seules celles du Limbourg se portent un peu mieux puisque 20 % des usagers estiment qu'elles sont "bonnes."
 
La deuxième cause d'insécurité est les fait que les cyclistes et piétons doivent souvent partager la route avec les voitures. 91,5 % des personnes interrogées estiment que des chemins séparés pour les voitures, les cyclistes et les piétons contribueraient le plus à une sécurité accrue. Ils sont ensuite 66,8 % à penser que leur propre comportement jouerait un rôle important en ce sens.
 
Vision Zero
 
Pour Continental, la nécessité de cette prise de conscience n'est pas neuve. Plus que dans cette étude mené en Belgique, les conclusions d'enquêtes réalisées précédemment à l'étranger vont aussi dans cette direction. "La stratégie Vision Zero que nous avons lancée il y a quelques années est basée là-dessus", dit Thomas Vanautgaerden, Marketing Communications Manager chez Continental Benelux. "Nous faisons le maximum pour arriver à zéro accident de circulation par an. La prise de conscience qu'il faut être prudent sur la route joue un rôle essentiel, qu'il s'agisse du port de la ceinture de sécurité, de l'éclairage ou d'un meilleur partage de la route. Nous estimons ainsi que la distance légale d'un mètre pour un automobiliste qui dépasse un cycliste est trop faible et nous plaidons pour qu'elle soit portée à un mètre et demi."